Celui de l’immensité américaine, des cathédrales de guitare et du sérieux sacré étouffe dans sa propre statue. Il file à Berlin, dans l’ombre du Mur tombé, et s’y dispute pendant des semaines. Il en revient méconnaissable.
The Edge ne lâche plus l’écho. Il tord ses guitares, les cisèle en éclats métalliques. Les rythmiques deviennent industrielles, le chant de Bono glisse, se dérobe, ricane.
“Even Better Than the Real Thing” claque comme un néon. “Mysterious Ways” ondule, moite, presque funk. “Love Is Blindness” referme le disque sur un souffle nu, fissuré, celui d’un amour qui s’abîme.
Ce disque a appris à tout un rock de stades qu’on pouvait se réinventer sans mourir.
Certains disques ne se réécoutent pas. Ils se traversent encore.

