En août 1963, les Ronettes publient Be My Baby. Phil Spector, avec l’arrangeur Jack Nitzsche et l’ingénieur Larry Levine, pousse son Wall of Sound jusqu’à donner à une chanson d’amour la dimension d’une petite symphonie.
Tout commence pourtant par presque rien : la batterie de Hal Blaine, quatre coups devenus une signature. Puis arrivent pianos, guitares, cordes, cuivres, castagnettes et réverbération, empilés jusqu’à former une masse sonore immense. Au centre, la voix de Ronnie Bennett ne lutte jamais contre elle. Elle la traverse.
Le disque atteint la deuxième place du Billboard, mais son héritage dépasse largement les classements : des générations de producteurs reprendront son rythme, son ampleur, son idée même de la pop comme architecture sonore.
Be My Baby dure quelques minutes. Son écho, lui, n’a jamais vraiment cessé.

