Beggars Banquet : le jour où les Stones ont retrouvé la terre
Après le psychédélisme, ils n’avaient pas besoin d’aller plus loin. Ils devaient revenir à l’essentiel.
En 1968, Beggars Banquet ramène les Rolling Stones vers le blues, la country et une musique américaine qu’ils avaient toujours portée en eux. Mais ce retour aux sources n’a rien d’un recul. Avec Jimmy Miller, leur nouveau producteur, le groupe trouve un son plus sec, plus physique, qui ouvre la période la plus féconde de sa discographie.
“No Expectations” glisse sur la guitare slide de Brian Jones. “Prodigal Son” plonge dans le blues acoustique. “Factory Girl” laisse entrer violon et percussions dans une étrange poussière rurale. Partout, les instruments respirent, grincent, frappent.
Et derrière cette simplicité apparente rôde 1968 : tensions sociales, désillusion, violence, désir de rupture.
Beggars Banquet ne ressuscite pas les racines des Stones. Il leur donne enfin une terre où bâtir.

