Best Of Aretha Franklin
Aretha ? Un incendie mystique. Avant elle, le gospel restait au temple ; avec elle, il envahit les charts et la rue.
Fille des sermons de Detroit, elle a injecté la transe des églises dans le bitume du R&B. Son piano cogne, sa voix déchire le silence. Elle ne chantait pas la liberté, elle l’exigeait. En un disque, elle a terrassé le patriarcat et porté le combat des droits civiques. La Reine, tout simplement.
I Never Loved a Man the Way I Love You (1967)
L’instant où tout bascule. Aretha quitte les arrangements trop polis pour la moiteur de Muscle Shoals. Ce n’est plus de la variété, c’est une libération. Quand elle exige du “Respect”, elle ne demande pas, elle ordonne. L’innovation ? Ce mélange de racines sacrées et de groove profane. Un album qui transpire l’urgence et la sueur des grands soirs.
Lady Soul (1968)
La consécration. Ici, Aretha n’est plus seulement une chanteuse, c’est un ouragan. Chaque titre, de “Chain of Fools” à “Natural Woman”, redéfinit la féminité noire américaine. Sa voix possède une texture presque physique, capable de passer du murmure au cri déchirant sans prévenir. C’est l’équilibre parfait entre la sophistication pop et la rage brute de l’âme. Indépassable.
Amazing Grace (1972)
Le retour dans l’arène de Dieu. Enregistré au milieu des fidèles, ce double album est une expérience sensorielle totale. Aretha y oublie le format radio pour des envolées de dix minutes. C’est du sang, des larmes et de la grâce pure. On y entend l’histoire d’un peuple. Pas juste de la musique : un témoignage historique sur la puissance du sacré.

