Best of Rétro : Retour en 1967
1967 : l’année où les guitares se mirent à saigner des arcs-en-ciel, où les voix s’enroulèrent comme du velours autour d’orages électriques, où la psyché collective explosa en mille miroirs.
Tout sonnait comme une apocalypse sensuelle, entre promesse d’éternité et vertige du gouffre.
The Velvet Underground & Nico – The Velvet Underground & Nico
Un disque comme une seringue plongée dans le cœur battant de l’Amérique souterraine. Tambours secs, drones violents, chuchotements glacés de Nico : tout y évoque la beauté défigurée, la fièvre d’un New York interlope. On y entend la junkie prier, l’ange tomber, l’utopie se salir. Pas une bande-son : un manifeste, un miroir brisé où chacun reconnaît sa propre faille.
The Jimi Hendrix Experience – Axis: Bold As Love
Ici, la guitare n’est plus instrument, mais planète. Hendrix tord le blues, le trempe dans l’acide, l’habille de couleurs cosmiques, comme si chaque note ouvrait un vortex vers une dimension inexplorée. Derrière la virtuosité, il y a la tendresse brute, une voix qui chuchote aux étoiles et gronde comme la terre. Cet album respire le feu élémentaire : eau, air, amour.
Albert King – Born Under a Bad Sign
Un rugissement grave, taillé dans la douleur et la fierté. La guitare d’Albert King est une lame trempée dans le blues le plus ancien, mais elle frappe avec l’assurance d’un colosse moderne. Chaque riff est une cicatrice, chaque note un coup porté à la fatalité. C’est la musique du destin, mais jouée comme un combat, avec un sourire de défi sous la pluie noire.