Sorti en janvier 1983, Billie Jean transforme Michael Jackson en phénomène pop mondial. Tout repose pourtant sur une économie presque inquiétante : la batterie sèche de Ndugu Chancler, la basse de Louis Johnson, quelques accords, des cordes furtives. Et cette voix qui avance comme si elle cherchait une issue.
La chanson raconte une accusation de paternité, mais Jackson en fait surtout un climat : désir, peur, célébrité, soupçon. Le refrain ne libère rien. Il resserre l’étau.
Numéro un aux États-Unis pendant sept semaines, Billie Jean dépasse vite le cadre de “Thriller”. Puis la performance télévisée de Motown 25 associe définitivement le morceau à sa silhouette, son gant et ce pas glissé devenu historique.
Depuis, la production pop a changé mille fois.
Cette ligne de basse, elle, continue d’entrer dans la pièce avant tout le monde.

