À Birmingham, au tournant des années 1970, Tony Iommi, Geezer Butler, Bill Ward et Ozzy Osbourne inventent moins une formule qu’une sensation : celle d’une musique qui avance comme une masse. La guitare d’Iommi descend dans les graves, la basse de Butler épaissit chaque riff, Ward conserve un swing presque jazz tandis qu’Osbourne chante au-dessus du fracas.
Leur monde parle de guerre, de peur, d’aliénation, d’occultisme. Celui d’une ville industrielle où le métal n’est pas encore un genre, mais une matière quotidienne.
Puis viennent “Black Sabbath”, “Paranoid”, “Master of Reality”, “Vol. 4”. En quelques années, le vocabulaire du heavy metal est posé. Des générations entières pourront le durcir, l’accélérer ou le déformer.
Black Sabbath n’a pas seulement rendu le rock plus lourd. Il lui a appris à faire peser le monde dans un riff.

