Kingston, années 70. Le reggae reste une musique d’île, un secret jamaïcain. Marley la sort de l’ombre sans la trahir.
Il avale la misère de Trenchtown, la révolte, la foi rastafari, et les renvoie en hymnes que le monde entier peut chanter. Son héritage tient en un fait : il est devenu la première superstar venue du tiers-monde.
Écoutez la basse. Elle respire, ample, rebondit sous les riffs secs des guitares qui tranchent à contretemps. Sa voix, rugueuse et tendre à la fois, claque comme un appel. Sur “Catch a Fire” ou “Exodus”, chaque morceau avance comme une marche.
Il a survécu à une balle en 1976, puis est remonté sur scène deux jours plus tard. Dans les rues de Soweto, de Kingston ou de Paris, ses chansons ont servi de drapeau à ceux qui n’en avaient pas.
Il est mort à 36 ans. Le battement, lui, n’a jamais cessé.

