En 1975, Bruce Springsteen joue gros. Ses deux premiers albums n’ont pas trouvé le grand public et cette chanson doit porter ses ambitions. Il la travaille pendant des mois, empilant guitares, piano, orgue, glockenspiel et saxophone jusqu’à construire ce mur de son rêvé, héritier de Phil Spector
Mais toute cette densité produit l’inverse de l’enfermement : elle propulse. La batterie pousse, Clarence Clemons ouvre l’horizon au saxophone et Springsteen chante comme si rester sur place était déjà perdre.
Derrière les voitures, la nuit et la fuite à deux, Born to Run saisit quelque chose d’universel : cet âge où partir semble encore capable de changer une vie.
Cinquante ans plus tard, la route n’a pas vieilli. Elle commence dès la première note.

