Deux guitares, une basse, une batterie. Il écrit ses chansons, les produit, les arrange. Avant lui, on chantait ce qu’on vous apportait.
Sa Stratocaster claque, sèche et claire. Sa voix hoquette, se brise, repart. Ce hoquet fait de “That’ll Be the Day” un cri d’adolescent, pas un numéro de crooner. Il glisse des cordes dans “Raining in My Heart”, ose la célesta, double ses pistes dans un studio de fortune. Il a vingt ans et déjà tout compris.
Derrière lui, des gamins de Liverpool et de Dartford découvrent qu’on peut monter un groupe sans permission. Les Beatles prennent leur nom d’insecte en son honneur. Les Rolling Stones reprennent “Not Fade Away” pour un premier succès.
Buddy Holy portait des lunettes d’employé de banque. Il a vingt-deux ans quand son avion s’écrase.
Sa musique n’a jamais fini de décoller.

