Ce Jour-Là : 11 juin 1988
Wembley est plein à craquer, baigné par une lumière d'été qui refuse de s'éteindre.
Ce jour-là, l’écran de la télévision familiale reste allumé pendant onze heures d’affilée. On est un milliard devant nos postes, branchés sur la même fréquence, à regarder défiler l’histoire en direct. Whitney Houston, George Michael, Simple Minds.
Entre les coupes de cheveux improbables et les vestes à épaulettes, il y a cette ferveur unique de la fin des années quatre-vingt, cette certitude que la musique peut faire tomber les murs d’une prison à l’autre bout du monde.
On montait le son à chaque fois que Phil Collins s’asseyait derrière sa batterie. Les amplis crachaient une urgence que l’on recevait en plein cœur, assis sur le tapis du salon. Moins de deux ans plus tard, Mandela marchait libre.
Une cassette VHS enregistrée à la va-vite, gravée à jamais dans les mémoires.

