Ce Jour-Là : 12 juin 1964
Trois cent mille personnes massées le long d'une route de seize kilomètres, de l'aéroport jusqu'au centre d'Adélaïde.
L’Australie n’a jamais vu ça. Quand la porte du Boeing se pose, le hurlement de la foule couvre le bruit des réacteurs. C’est le début de l’unique tournée des Beatles en Océanie.
Dans les chambres d’adolescents, les transistors saturent. On écoute les premiers accords de “A Hard Day’s Night” les yeux fixés sur le poster punaisé au mur.
Pendant deux semaines, Sydney et Melbourne vivent au rythme des sirènes de police et des barrières de sécurité qui cèdent. Qu’importe si Jimmie Nicol remplace temporairement Ringo, cloué sur un lit d’hôpital à Londres avant de les rejoindre en vol de nuit. Ce que les gosses de l’époque achètent, c’est ce frisson électrique, cette certitude que le monde vient de basculer en noir et blanc, option coiffures au bol.
Une onde de choc immortalisée sur des films Super 8 aujourd’hui jaunis.

