Richard Ashcroft jette l’éponge et brise le rêve Britpop. On se rappelle tous cette silhouette dégingandée qui bousculait les passants dans le clip de “Bitter Sweet Symphony”, l’épaule raide et le regard ailleurs. C’était le son de nos fins de soirées, celui d’une cassette “Urban Hymns” qui tournait en boucle dans l’autoradio, les vitres baissées sur une route de campagne. Une musique ample, symphonique, qui donnait l’impression que chaque mélancolie devenait un hymne national.
La fin d’une ère. On pensait que ce groupe était immortel, porté par ces cordes vertigineuses qui faisaient frissonner la peau sous les blousons en jean. La déflagration a laissé un vide immense, celui d’une génération qui réalisait brusquement que même les plus grands finissent par se taire. On a tous eu cette sensation de perdre un ami proche en apprenant la nouvelle à la radio, n’est-ce pas ?

