Dans la chambre, l’air est encore chaud, chargé d’un parfum de cire et de tabac froid. Jim Morrison a vingt-sept ans, et son corps semble déjà appartenir à une légende plus grande que lui.
Dehors, la ville continue son vacarme ordinaire, indifférente. Les taxis klaxonnent, les cafés s’animent, personne ne sait encore que le monde vient de perdre une voix.
Sur les ondes, les stations passent en boucle ces mêmes riffs électriques, ce grain rauque qui a porté un morceau entier jusqu’aux frontières de la provocation et de la poésie. Aujourd’hui les notes vibrent un peu différemment, comme chargées d’un poids nouveau.
Les vinyles crépitent doucement sur les platines, ce grésillement familier qui précède chaque morceau. Les paroles, elles, semblent venir de plus loin maintenant, portées par un écho qui ne s’éteindra jamais tout à fait.

