Enregistré en mars 1980 avec Martin Hannett, le second album de Joy Division paraît le 18 juillet, deux mois après la mort d’Ian Curtis. Mais réduire Closer à ce drame serait passer à côté de sa véritable rupture : le groupe y pousse le post-punk vers un territoire plus froid, plus électronique, presque irréel.
Les guitares deviennent des angles, la basse de Peter Hook creuse l’espace, les synthétiseurs ouvrent des chambres vides. “Isolation” laisse même entendre ce que les survivants développeront bientôt avec New Order.
Puis viennent “The Eternal” et “Decades”. Le rythme ralentit. La voix de Curtis paraît s’éloigner.
On n’écoute plus vraiment un groupe jouer. On entend quatre musiciens découvrir jusqu’où leur musique peut les conduire.
Et quarante-six ans plus tard, Closer n’a toujours pas refermé la porte.

