Appetite for Destruction ne réinvente pas le rock : il lui rend son danger. Produit par Mike Clink, le premier album du groupe oppose aux artifices du Sunset Strip une musique sèche, tendue, presque physique. Slash et Izzy Stradlin tressent leurs guitares plutôt qu’ils ne les empilent, Duff McKagan pousse les morceaux vers l’avant, Steven Adler leur donne ce balancement nerveux que tant de groupes plus lourds avaient perdu.
Et au milieu, Axl Rose passe de la menace au vertige.
Sorti dans une relative indifférence, l’album mettra plus d’un an à atteindre la première place américaine.
Une discothèque rock sans Appetite for Destruction peut être respectable. Mais il lui manque cette minute où les années 80 ont soudain cessé d’être propres.

