Collector : Exile on Main St.
Il y a des albums qu'on écoute. Et il y a ceux qu'on déballe comme un trésor. "Exile on Main St." appartient à cette seconde catégorie.
La grande pochette s’ouvre sur un étonnant collage de photographies, comme un vieux carnet retrouvé au fond d’une malle. Avant même que le diamant touche le premier sillon, on est déjà plongé dans son univers.
Puis viennent les deux vinyles. Deux disques pour un voyage où le rock, le blues, la soul, le gospel et la country se croisent avec une liberté presque insolente. “Rocks Off”, “Tumbling Dice”, “Sweet Virginia”, “Happy”... Rien ne semble vraiment poli, et c’est justement ce qui rend cet album si vivant. On a parfois l’impression que les Rolling Stones jouent dans la pièce d’à côté.
Et il y a les douze cartes postales.
Pour beaucoup de collectionneurs, elles font partie du plaisir. Les découvrir encore présentes dans un exemplaire chiné des décennies plus tard procure une satisfaction presque enfantine. On les étale sur la table, à côté des deux disques, on feuillette, on observe les détails, puis on remet doucement le vinyle sur la platine.
Parce que Exile on Main St. ne se consomme pas. Il se manipule, il s’écoute, il se regarde. Chaque craquement du disque semble ajouter un peu de poussière aux murs de la villa où il est né.
Et lorsqu’on referme la pochette, on a toujours le sentiment d’avoir passé un moment avec un vieil ami plutôt qu’avec un simple album.

