Quarante degrés, des câbles qui rampent, des musiciens qui entrent et sortent à n’importe quelle heure. Ce double album ne cherche pas la perfection : il sue, il s’effondre, il se relève.
Le rock, le blues, le gospel, la country y fermentent ensemble dans un même bouillon.
La production est sale, étouffée, volontairement enfouie. Les voix se noient dans les guitares, les cuivres surgissent comme des intrus.
À la sortie, la critique grimace. Trop confus, trop épais.
Puis le temps fait son œuvre. On comprend que ce brouillard est la matière même du disque.
Ce n’est pas un album qu’on écoute. C’est une pièce où l’on s’enferme, volets clos, avec des gens qui ne dorment plus.

