Collector : Horses
Un cri qui a inventé sa propre grammaire. En 1975, personne n'avait encore osé ça : une femme sur la pochette, cravate noire, veste sur l'épaule, regard qui ne demande rien à personne.
Horses arrive et redéfinit d’un coup ce que le rock peut contenir, poésie beat, rage, transe. Patti Smith ne chante pas, elle scande, elle lacère, elle invoque. La voix vrille entre le parlé et le hurlement, portée par un groupe qui laisse le chaos structurer la musique plutôt que l’inverse.
Le son est nu, sec, habité, enregistré comme une urgence, pas comme un produit.
Dans les clubs new-yorkais de l’époque, ce disque sonnait comme une déclaration de guerre à toute complaisance. Il a ouvert une porte que le punk allait défoncer l’année suivante.
Sans Horses, pas de Patti Smith telle qu’on la connaît, et probablement pas le même punk américain.

