Revolver fait de la table de mixage un instrument. Abbey Road devient laboratoire : bandes passées à l’envers, voix noyée dans un haut-parleur rotatif, sitar indien, quatuor à cordes qui racle, cuivres qui mordent. Chaque morceau change de peau.
Sur “Tomorrow Never Knows”, la batterie de Ringo écrase tout, lourde, cyclique, hypnotique. Les cris de mouettes sont un rire accéléré. Lennon chante depuis le fond d’un puits. Rien de tel n’avait jamais traversé une radio.
Ce disque donne aux groupes la permission d’inventer en studio. Sans lui, ni psychédélisme, ni rock progressif, ni sampling tel qu’on le connaît.
En 1966, des millions de gens posent l’aiguille et sentent le plancher bouger.
Après Revolver, plus aucun studio n’a été un simple lieu d’enregistrement.

