En 1976, Stevie Wonder a 26 ans et vient déjà d’enchaîner plusieurs sommets. Avec Songs in the Key of Life, il élargit encore le cadre : amour, enfance, foi, pauvreté, injustice, mémoire noire, espoir. Tout peut entrer dans ses chansons sans jamais donner l’impression d’un catalogue.
Le disque respire parce que sa profusion reste humaine. Synthétiseurs, cuivres, clavinet, cordes et harmonies vocales changent constamment de couleur. Sur “Village Ghetto Land”, des cordes presque délicates accompagnent une réalité sociale brutale. “If It’s Magic” tient presque tout entière dans une voix et la harpe de Dorothy Ashby.
Stevie Wonder ne choisit jamais entre conscience et plaisir.
C’est peut-être pour cela que Songs in the Key of Life paraît toujours aussi vaste : on n’y écoute pas seulement un musicien au sommet. On entend la vie déborder du cadre.

