Trois ans après la déferlante grunge, ce disque remet la guitare au centre du monde, et le chant à hauteur d’homme. Il définit la britpop mieux que n’importe quel autre. Il se vend à des dizaines de millions d’exemplaires, jusque dans des foyers qui n’avaient jamais acheté de rock.
Les guitares y sont épaisses, saturées, empilées en murs de brique. La voix de Liam, nasale et hargneuse, traverse tout. Les mélodies de Noel s’agrippent dès la première écoute. Rien de savant. Tout est frontal.
Ce disque faisait chanter les pubs, les stades, les cuisines. Il donnait à des gars sans le sou le droit de se croire immortels.
Pas un album de musicien. Un album de gradins, de tables collantes, de refrains hurlés à pleine gorge.
Quelques accords, et toute une génération s’est crue invincible.

