Brit-pop, 1995. Pulp traîne depuis quinze ans dans l’ombre, et Cocker écrit enfin le morceau qui règle ses comptes. L’histoire est vraie : une étudiante grecque, fortunée, rencontrée aux Beaux-Arts de Londres, qui rêvait de “vivre comme les gens ordinaires”. Il l’emmène au supermarché, lui fait croire que la pauvreté est un décor.
Le son monte par paliers. Un synthé fragile, presque de bazar. Puis la batterie s’enfonce, les guitares se serrent, la voix passe du murmure ironique à la gorge nouée.
Le morceau ne cesse de gonfler jusqu’à l’explosion collective.
Ça tient du refrain de stade et de la gifle. Des milliers de gens chantent leur propre humiliation, bras levés, et personne ne baisse les yeux.
On ne rejoue pas la pauvreté. On la subit, puis on en fait un hymne.

