Mélodies immédiates, guitares abrasives, basse ronde de Kim Deal, puis la voix de Black Francis qui passe du murmure au cri sans prévenir. Gil Norton polit légèrement le son, mais n’en retire jamais le danger.
Le disque avance ainsi, par secousses. “Debaser” cogne avec une euphorie nerveuse, “Wave of Mutilation” file en deux minutes, “Hey” ralentit jusqu’à installer un malaise presque charnel.
Cette alternance entre retenue et déflagration deviendra l’une des grandes grammaires du rock des années 1990.
Mais Doolittle reste plus étrange que ses héritiers. Une musique pop qui sourit en montrant les dents.

