Elton John : le piano qui brûle
Il pose les mains et ça commence. Pas un prélude, pas une introduction, une déflagration. Le piano d'Elton John frappe comme quelque chose de physique, quelque chose qui déplace l'air dans la pièce.
Dans les studios de Trident, il enregistre presque en direct. Peu de prises. Juste l’urgence de sortir ça, maintenant, avant que ça refroidisse.
Derrière lui, Bernie Taupin a écrit des images pleines de poussière rouge et d’Amérique rêvée, et lui les traduit en impacts. Chaque accord atterrit. Chaque silence entre les notes sert à quelque chose.
Sur scène, tout devient excès calculé. Les lunettes, les costumes impossibles, les plumes. Mais au centre de tout ça : cette façon de marteler le clavier comme si chaque note devait prouver quelque chose à quelqu’un. On sent la sueur sur les touches en plastique ivoire. On entend le bois de l’instrument qui vibre sous la pression.
Il y a eu les années de brouillard, les années 80, leur flou épais. Mais il revient. Toujours avec la même frappe, le même feu intact dans les poignets. Pas pour être élégant. Pour toucher quelque chose dans la cage thoracique du public et ne plus le lâcher.
Un piano. Des mains. Et tout le reste qui tremble.


Ma rencontre avec EJ... j'ai 13 ans, et je passe mon samedi soir sur une glace de patinoire intérieure avec d'autres jeunes...et soudain, Crocodile Rock heurte la glace, explose les hauts-parleurs...une véritable révélation qui a signé mon interêt pour le glam, ce monde plus grand que nature, ce lalalalalala, les paillettes, les gars en talons hauts, les lunettes excentriques... et oui, voilà, il existe autre chose!
Coup de foudre immédiat...