Vingt-trois ans de silence. En 2007, The Police remonte sur scène, non par nostalgie mais par défi. Ce disque, capté à Buenos Aires, prouve qu’un trio peut encore fracturer un stade.
Il est essentiel parce qu’il montre ce que le studio polissait : le groupe nu. Copeland frappe sa charley comme on lacère une toile. Summers étire des accords poisseux d’écho. Sting, sec et tendu, porte la basse à bout de bras.
Le reggae vrille, le punk mord, le jazz s’infiltre par les interstices.
Sur “Message in a Bottle”, tout un stade reprend la ligne de guitare avant même que le chant n’arrive. Sur “Driven to Tears”, la colère reste intacte. Rien n’est reconstitué. Tout frotte.
Les ennemis se sont retrouvés sans se réconcilier tout à fait, et cette friction tient l’album debout.
Trois hommes ne se parlaient plus. Leurs instruments, si.

