En Live : Get Yer Ya-Ya’s Out! - The Rolling Stones
Novembre 1969. Tandis que l’utopie de Woodstock s’évapore dans la boue d’Altamont, les Rolling Stones reprennent leur trône de "Plus grand groupe de Rock 'n' Roll au monde".
Capturé principalement au Madison Square Garden les 27 et 28 novembre 1969, cet album live n’est pas qu’un enregistrement : c’est une déflagration. Sous la houlette des producteurs Glyn Johns et du groupe lui-même, le son est d’une sécheresse implacable, dépouillé des fioritures psychédéliques pour revenir à l’os du Blues.
L’arrivée de Mick Taylor change tout. Son jeu fluide, presque liquide, s’entrelace aux riffs de prédateur de Keith Richards. Sur scène, la section rythmique de Charlie Watts et Bill Wyman maintient une tension insoutenable, un groove métronomique qui permet à Jagger d’exorciser les démons d’une Amérique en plein chaos. L’innovation réside dans cette spatialisation brute : on entend le souffle des amplis Ampeg saturés et le claquement sec de la caisse claire.
C’est l’anti-Phil Spector. Les overdubs vocaux, ajoutés discrètement en janvier 1970 aux studios Olympic, n’altèrent en rien la fureur originelle. L’écoute est une expérience physique. On sent la sueur, le danger et cette morgue britannique défiant les dieux du stade.
C’est le son d’un groupe qui refuse de mourir, transformant le désenchantement de la fin des sixties en un brasier triomphant. Un monolithe de cuir et d’électricité. Indépassable.

