En Live : How the West Was Won - Led Zeppelin
En mai 1972, quatre hommes montent sur les scènes californiennes du Forum et de l'Arena.
Ce qui s’enregistre ces soirs-là dépasse la simple captation. C’est un instantané de l’époque où le rock lourd inventait ses propres cathédrales de son. How the West Was Won capture cette tension unique, celle d’un Led Zeppelin au sommet de sa puissance physique, juste avant que les stades ne deviennent trop grands et le sol trop glissant.
L’expérience commence dès que l’on ouvre le triple boîtier. On se souvient du poids de l’objet, de cette sensation d’entrer dans un document d’archive autant que dans un concert. Quand le diamant se pose, le vrombissement de la basse de John Paul Jones s’installe directement dans le thorax.
Puis vient la déflagration. La guitare de Jimmy Page s’étire, s’égare dans des improvisations qui durent des minutes entières, cherche la rupture sans jamais tomber. Derrière, John Bonham ne frappe pas le tempo, il cogne l’air, lourd, implacable, tandis que Robert Plant pousse sa voix dans des retranchements presque douloureux.
On écoute ce disque les yeux fermés, le volume poussé un peu trop haut, là où les murs se mettent à vibrer. On ressent la sueur, l’électricité statique des amplificateurs poussés à bout, l’odeur de la poussière soulevée par la foule. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est de la matière brute.
La dernière note s’éteint dans un larsen infini, laissant une résonance sourde dans les oreilles et le souvenir d’une époque où la musique se mesurait au volume de l’ampli.

