Rage Against the Machine joue à Los Angeles, chez lui, dans une vieille salle de boxe, pendant ses dernières semaines. Le groupe se sait condamné. Rien ne tient plus que par la fureur, et Live at the Grand Olympic Auditorium la capte à vif.
Ce disque est essentiel parce qu’il ne montre pas une formation qui rejoue ses titres. Il montre un quatuor qui les arrache à nouveau.
Tom Morello ne joue pas de la guitare, il torture l’électricité : il gratte, étrangle, rend un son de platine à un manche de six cordes. Tim Commerford et Brad Wilk soudent un plancher de béton. Zack de la Rocha crache chaque syllabe comme un ordre.
Dans la fosse, des milliers de corps sautent d’un seul bloc. La salle suffoque, sue, hurle les refrains avant lui.
Ce n’est pas un concert. C’est un incendie qu’on a eu la décence de filmer.

