Enregistré en 1982 à Seattle, Dallas et San Antonio pendant la tournée “Mob Rules”, Live Evil saisit le Sabbath de Ronnie James Dio dans sa forme la plus physique.
Tony Iommi épaissit chaque riff jusqu’à lui donner le poids du béton. La basse de Geezer Butler gronde dessous, Vinny Appice frappe large, tandis que Dio transforme l’ancien répertoire comme les morceaux récents : il ne remplace pas Ozzy Osbourne, il impose une autre dramaturgie. Plus ample, plus théâtrale, presque mythologique.
Et c’est là que Live Evil devient essentiel. Le disque réunit deux époques de Black Sabbath sans chercher à les réconcilier. Cette tension nourrit la musique autant qu’elle annonce la séparation prochaine avec Dio et Appice.
On entend un groupe immense qui joue comme si ses membres ignoraient qu’ils arrivent au bout de la route.
Le métal n’a jamais eu besoin d’être paisible pour être grand.

