Juillet 1973, Osaka. Santana traverse sa période la plus vertigineuse, gorgée de jazz, de spiritualité et d’improvisation pure. Le groupe enregistre trois soirs au Kosei Nenkin Hall, et ce qui en sort dépasse le concert : une cathédrale sonore de près de trois heures, tissée de cuivres, de percussions afro-cubaines et de guitare incandescente.
Le label refuse de sortir un tel monstre en Occident, trop long, trop libre, trop exigeant. Lotus ne paraîtra qu’au Japon, en triple vinyle somptueusement illustré, devenant instantanément un graal d’importation pour les fans occidentaux prêts à payer une fortune pour l’obtenir.
La musique, elle, respire sans jamais faiblir : les solos s’étirent, se répondent, vrillent vers des sommets que le studio n’aurait jamais permis. Un live qui a existé dans l’ombre, presque en secret, et qui brille justement pour ça.
Un chef-d’œuvre confisqué au monde, et devenu culte pour cette raison même.

