Il revient au pays avec presque rien. Ce rien devient l’essentiel : un micro, des silences, des chansons encore fraîches qu’il présente en riant, hésite, reprend.
Le disque dort vingt-trois ans dans un coffre avant de sortir. Il n’a pas vieilli d’une ride. La voix fêlée vrille l’air. La guitare acoustique cisèle chaque note comme une lame sur du bois sec. Sur “Cowgirl in the Sand”, le piano pèse, poisseux, et tout vacille.
On y entend un artiste qui ne triche pas, et un public qui n’ose plus tousser. Chaque morceau sonne comme une confidence faite à voix haute.
Ce n’est pas un concert. C’est une porte entrouverte sur une nuit d’hiver.

