Les Stooges jouent ce soir-là leur dernier concert devant une salle qui ne les attend plus. Lâché par son label, le groupe est exsangue, et Iggy Pop insulte une bande de motards venue en découdre. Les bouteilles fusent, les œufs aussi.
Le son est sale, étouffé, saisi au vol. Le piano de Scott Thurston tâtonne dans le chaos, la guitare de James Williamson racle comme une lame sur du béton. Rien n’est propre, tout menace de s’effondrer. Les enceintes en tremblent.
Sorti trois ans plus tard par le label français Skydog, “Metallic KO” a servi de matrice au punk avant que le mot existe. On y entend un chanteur qui défie la foule et une salle qui relève le défi. Ceux qui l’écoutent aujourd’hui sentent encore le verre voler près de leur visage.
Quelqu’un a laissé le micro ouvert pendant l’agonie.

