Publié en 1982, The Name of This Band Is Talking Heads raconte cette transformation à travers deux époques. La première partie capture le quatuor dans les clubs new-yorkais de la fin des années 1970 : guitares sèches, basse tendue, batterie précise et David Byrne, dont la voix semble toujours au bord de la rupture.
Puis le groupe s’élargit. Les musiciens de funk et de soul rejoignent la formation, les percussions se multiplient, les rythmes s’entrelacent. La musique change de dimension sans perdre son étrangeté.
Sur scène, les morceaux respirent, dérapent, s’étirent. La guitare d’Adrian Belew griffe les rythmes, les voix se répondent, le public reçoit cette énergie collective de plein fouet.
Ce disque ne photographie pas un groupe à son sommet. Il nous fait entendre, concert après concert, comment quatre musiciens ont appris à devenir dix sans cesser d’être eux-mêmes.

