Publié en 1973, Yessongs rassemble des concerts enregistrés en 1972, au moment où Yes atteint un sommet créatif. Trois vinyles pour saisir un groupe capable de transformer ses architectures de studio en matière vivante.
Steve Howe attaque ses guitares, Chris Squire fait gronder sa basse, Rick Wakeman déploie ses claviers tandis que Jon Anderson survole l’ensemble.
Surtout, les morceaux respirent autrement : ils s’étirent, accélèrent, deviennent plus rugueux. Alan White, arrivé après le départ de Bill Bruford, présent sur trois plages, apporte une frappe plus massive.
Le son n’a rien de clinique. Il déborde parfois. C’est précisément ce qui rend Yessongs indispensable : derrière la virtuosité, on entend cinq musiciens prendre des risques.
Le rock progressif pouvait construire des cathédrales. Yes prouvait qu’elles pouvaient aussi trembler.

