Etta James n’a jamais vraiment appartenu à un seul genre. Blues, rhythm & blues, soul, jazz : sa voix traversait les frontières avec la même autorité. Révélée adolescente dans les années 1950, elle trouve chez Chess, à partir de 1960, l’espace où déployer toute son amplitude, de la ballade orchestrée au R&B le plus charnel.
Puis Muscle Shoals durcit le grain. En 1967, les cuivres, l’orgue et la section rythmique de FAME entourent une chanteuse qui ne cherche jamais la perfection : elle cherche l’endroit où le sentiment devient physique.
Cette manière de chanter laissera une trace profonde, de Janis Joplin à Tina Turner.
Chez Etta James, une chanson d’amour n’était jamais seulement une chanson d’amour.
C’était une cicatrice qui avait appris à chanter.

