For What It's Worth : le bruit d’une rue qui bascule
On reconnaît cette guitare avant même d’avoir le temps de réfléchir.
Décembre 1966. Sur Sunset Strip, à Los Angeles, la tension monte entre les jeunes qui fréquentent les clubs et les autorités. Stephen Stills observe les rassemblements, les policiers, cette nervosité dans l’air. Il rentre chez lui et écrit For What It’s Worth.
Buffalo Springfield l’enregistre quelques semaines plus tard.
La chanson ne crie pas. Elle observe. Deux notes de guitare se répondent, la batterie avance sans presser, et la voix de Stills semble venir du bord du trottoir.
À la radio, le morceau dépasse vite Sunset Strip. Avec les années, il accompagne d’autres images, d’autres tensions. On l’entend dans une voiture, sur une cassette, dans un film, au casque tard le soir.
Aujourd’hui encore, les premières secondes suffisent. Une rue. Des phares. Des silhouettes.
Et cette sensation que quelque chose, dehors, est en train de changer.

