En 1996, Diabologum publie #3 (Ce n’est pas perdu pour tout le monde) et trouve une forme presque sans équivalent dans le rock français. Michel Cloup et Arnaud Michniak délaissent largement le chant pour des textes parlés, posés sur des guitares abrasives, des boucles et des samples.
Le résultat ne cherche ni l’élégance ni le confort. Les voix semblent prises dans le réel : désirs, travail, solitude, culture, quotidien.
Autour d’elles, les guitares frottent, grondent, puis laissent soudain de l’espace. Cette tension donne au disque sa force : on écoute autant ce qui est dit que ce qui menace de l’engloutir.
#3 appartient pleinement aux années 90, mais son mélange de rock, de collage et de parole reste étrangement contemporain.
Un disque qui ne raconte pas son époque de loin. Il parle depuis l’intérieur.

