Frenchies : BBH 75 - Jacques Higelin
Il y a des albums qui refusent d'entrer dans les cases dès la première note.
En 1975, Jacques Higelin ne cherche plus à séduire. Il cherche à vivre sa musique sans filet. BBH 75 ressemble moins à un disque qu’à une aventure où tout semble pouvoir arriver. Le rock, le jazz, la poésie, les éclats de rire, les silences... tout s’y mélange avec une liberté presque insolente.
À l’époque, on découvre un artiste qui avance comme il respire. Impossible de prévoir le détour suivant. Une chanson peut commencer comme une confidence et finir dans une explosion d’énergie. Higelin chante avec tout son corps. Sa voix ne se contente pas d’interpréter les mots, elle les bouscule, les caresse ou les lance à pleine vitesse.
Ce disque a souvent trouvé sa place à côté d’albums beaucoup plus sages. Sa pochette ressortait parfois d’une pile de vinyles un dimanche après-midi, lorsqu’on avait envie d’écouter quelque chose de vivant, d’imprévisible. On ne le mettait pas simplement pour entendre des chansons. On le mettait pour retrouver cette sensation rare qu’un artiste pouvait encore surprendre à chaque instant.
BBH 75 appartient à cette époque où la chanson française osait regarder ailleurs sans jamais perdre son âme. Il garde aujourd’hui la même fraîcheur, la même audace et cette impression délicieuse que rien n’y est vraiment calculé.
Certains disques vieillissent. D’autres continuent simplement d’avancer avec nous.

