Frenchies : Dantzig Twist - Marquis de Sade
En 1979, "Dantzig Twist" arrive comme un disque venu d’un autre climat. Marquis de Sade ne sonne pas vraiment français, pas vraiment anglais non plus.
Le groupe vient de Rennes, mais regarde vers Berlin, Varsovie, Manchester, vers ces villes imaginées à travers des pochettes froides et des nuits sans chauffage.
On pose le vinyle, et tout devient nerveux. La basse avance sèchement, la guitare de Frank Darcel découpe l’air, les claviers glissent comme une lumière de néon. Au centre, Philippe Pascal ne chante pas seulement : il tient la distance, élégant, tendu, presque théâtral, comme s’il récitait quelque chose qu’il ne fallait pas dire trop fort.
Dantzig Twist garde ce son brut des premiers disques qu’on écoutait sans mode d’emploi. Rien n’est confortable. Pourtant, on y revient. Parce que l’album capture une jeunesse française qui ne voulait plus du vieux rock, ni des refrains faciles. Elle voulait des murs gris, des rythmes secs, des images européennes, des nuits modernes.
La pochette, elle aussi, semblait prévenir. Ce disque n’allait pas consoler. Il allait accompagner les insomnies, les chambres fermées, les trajets en train avec un walkman trop fort.
Et quand la face s’arrête, il reste cette impression étrange : celle d’avoir traversé une ville inconnue sans jamais avoir quitté sa chambre.

