Avec Et moi, et moi, et moi, son premier album, Jacques Dutronc fait entrer dans la chanson française une désinvolture nouvelle. Les textes de Jacques Lanzmann observent la société, ses modes et ses travers avec un humour sec, tandis que Dutronc compose une musique qui emprunte sans complexe au rock britannique et au garage.
Guitares râpeuses, orgue nerveux, rythmes secs : tout avance vite. Mais derrière cette efficacité se cache surtout un personnage. Dutronc chante comme s’il refusait de se laisser impressionner par ce qu’il raconte. “On nous cache tout, on nous dit rien” transforme ainsi la méfiance en refrain collectif, avec ce mélange de distance et d’évidence qui deviendra sa marque.
Le rock français venait de trouver autre chose qu’une imitation : un ton.
Et ce sourire en coin n’a toujours pas pris une ride.

