Frenchies : Histoire de Melody Nelson - Serge Gainsbourg
Il suffit de quelques notes de basse pour que tout revienne. 1971. Serge Gainsbourg publie "Histoire de Melody Nelson", un disque court, étrange, presque clandestin.
À peine vingt-huit minutes. Sept chansons seulement. Mais un monde entier s’y installe.
Une basse lourde et souple. Des cordes qui surgissent comme des ombres. Une guitare sèche. Et cette voix parlée, traînante, immédiatement reconnaissable, qui semble raconter l’histoire à quelques centimètres du micro.
On ne l’écoutait pas comme les autres disques. Il fallait entrer dedans.
Dans les salons des années 70, sa pochette intriguait déjà. Jane Birkin, cheveux roux, serrant contre elle une peluche. Puis venait ce récit trouble, cinématographique, construit autour d’une rencontre, d’une Rolls-Royce, d’un accident, d’une jeune fille nommée Melody. Un univers à part, loin des refrains que l’on reprenait en famille.
À sa sortie, l’album ne devient pas immédiatement un grand succès populaire. Pourtant, les années vont lui donner une place singulière. On le retrouve chez ceux qui aiment les disques que l’on écoute du début à la fin. Chez les musiciens. Chez les collectionneurs. Dans ces bibliothèques où certains vinyles semblent attendre leur heure.
Et puis un soir, on repose l’aiguille.
La basse revient.
Et avec elle, cette sensation rare d’ouvrir une porte que “Histoire de Melody Nelson” n’a jamais vraiment refermée.

