Frenchies : Homework - Daft Punk
9 septembre 1996. Quelque part dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo achèvent une déflagration.
Homework ne sortira que le 20 janvier 1997, mais l’onde de choc est déjà là. Ce n’est pas qu’un disque de house ; c’est le manifeste brutal d’une génération qui refuse de choisir entre l’héritage disco de Chic et la radicalité industrielle de Detroit.
Produit avec un dédain magnifique pour les studios rutilants, l’album transpire l’urgence du “home studio” sous perfusion de compresseurs Alesis 3630 poussés dans leurs derniers retranchements.
Le son est compressé, saturé, presque physique. On y entend le grain de la TB-303 et le séquençage maniaque de la MPC-3000. C’est une machine de guerre funk conçue par deux gamins cinéphiles. En studio, l’ambiance est monacale, loin des paillettes futures : on travaille sur des cassettes, on boucle des samples de dix secondes jusqu’à l’hypnose.
À l’écoute, c’est un séisme. La structure est une suite de montagnes russes où le minimalisme devient épique. On passe de l’acidité corrosive à des envolées filtrées qui ont redéfini la “French Touch”. Cet album a tué le rock à papa pour instaurer une dictature du groove universel. Une révolution domestique.

