Tout est dit : un manifeste d’indépendance qui se fait passer pour de la modestie. Le disque manque à trop de collections, et c’est inexcusable.
Derrière la batterie, Hal Blaine, la frappe qui a battu le pouls de la pop américaine des années 60. À la production de certains titres, Bertrand Burgalat, orfèvre des textures. L’attelage est improbable. La couture est parfaite.
Les chansons avancent à pas feutrés. Voix nue, arrangements cisélés, rien ne force. “Juillet 66” flotte comme une photo jaunie. “Vie sur Mars” lève les yeux sans pose ni effet de manche. La mélancolie reste intacte, légère comme une fumée.
La chanson française cherchait alors sa sortie. Baer a poussé une porte latérale.
Un disque qui chuchote pour qu’on tende l’oreille.

