En 1971, La Question l’éloigne encore davantage de la légèreté yé-yé de ses débuts. La rencontre avec la musicienne brésilienne Tuca, qui compose l’essentiel du disque, change la respiration de sa musique. Pendant un mois, elles répètent ensemble avant d’entrer en studio. Guitare nylon, contrebasse, quelques cordes : presque rien ne vient protéger la voix.
Ce dépouillement donne au disque sa force étrange. Hardy ne projette plus ses sentiments : elle les laisse affleurer. Désir, attente, manque, peur de perdre l’autre circulent dans des chansons où la bossa nova apporte moins du soleil qu’un balancement fragile.
Le public français lui réserve alors un accueil discret. Le temps, lui, fera autrement.
La Question ne cherche jamais à retenir l’auditeur. Elle lui parle assez bas pour qu’il s’approche.

