Quinze ans de groupes qui coulent, un premier album sans suite, un guitariste d’Argenteuil qu’on range au rayon des promesses mortes. En 1990, il sort la preuve : un blues chanté en français, sans traduction ni complexe. Ce disque fixe un genre que personne ne croyait possible ici.
Les guitares mordent. La voix râpe. Sur “Perdant blues”, le solo s’étire comme une cigarette qu’on refuse d’écraser.
Les gens usés par l’usine et les lundis y trouvent enfin une voix à leur taille. Un voisin avec un ampli, rien d’un héros. Dans la salle, on applaudit un reflet.
La poisse, bien amplifiée, finit en route.
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