Frenchies : L'homme à tête de chou - Serge Gainsbourg
Ça commence comme une confession derrière une vitre sale. En 1976, Serge Gainsbourg ne chante plus vraiment : il rampe, il murmure, il injecte.
L’Homme à tête de chou sort avec cette pochette étrange, presque froide, où le vinyle semble déjà sentir la nuit, le tabac brun, les draps froissés.
On pose le disque sur la platine, dans un salon bas de plafond, un soir d’hiver, et tout se resserre. La basse colle aux doigts.
Les mots glissent comme une lame humide. Gainsbourg sculpte Marilou dans la fièvre, puis la regarde lui échapper. Chaque piste avance comme un couloir mal éclairé.
Ce n’est pas un album qu’on écoute pour se détendre. C’est un disque qui s’installe dans la pièce et change l’air. Il mêle reggae poisseux, funk nocturne, poésie cabossée, mais tout devient sensation simple : une jalousie qui serre la gorge, une obsession qui cogne aux tempes.
En 2026, L’homme à tête de chou a 50 ans. Il n’a pas pris la poussière. Il en dégage.

