Château d’Hérouville, mai 1971. Dashiell Hedayat, poète et agitateur, réunit autour de lui les musiciens de Gong : Daevid Allen, Didier Malherbe, Gilli Smyth. Ils ne cherchent pas la chanson. Ils cherchent la transe.
Obsolete ne se raconte pas, il se traverse. Quatre morceaux seulement, dont un de vingt et une minutes qui occupe toute une face. Une voix de prophète fatigué, presque parlée, glisse sur des flûtes qui vrillent et des guitares qui rampent.
Sur “Long Song for Zelda”, la voix de William Burroughs surgit. Les textes mêlent français et anglais, humour de collégien et vertige cosmique. Le son est poussiéreux, lourd, ivre de liberté. Aucun refrain de secours.
Le disque reste confidentiel, circule sous le manteau, devient objet de culte. Aujourd’hui, les collectionneurs se l’arrachent : il prouve que la France a eu sa contre-culture sonore, aussi cabossée et visionnaire que Londres ou San Francisco.
Un disque enterré vivant, qui n’a jamais cessé de respirer.

