Frenchies : Pop Satori - Étienne Daho
Un Français qui ose la pop sans complexe, en 1986, c'est un acte de résistance.
Étienne Daho arrive de Rennes avec des rêves de Londres et de Cologne plein la tête, et il fracture la chanson française d’un geste sec. À une époque où le rock hexagonal patauge entre variété poussiéreuse et rigueur post-punk mal digérée, Pop Satori impose une évidence : la mélodie française peut être électrique, cosmopolite, charnelle.
Les synthés vrillent, les guitares cisèlent des lignes nerveuses, la voix de Daho glisse, mi-chuchotée mi-incantatoire, entre pudeur et sensualité assumée.
L’album traverse les frontières sans reniement, Berlin, Londres, la new wave irriguent chaque titre sans jamais trahir l’accent, la langue, l’intime.
Pour toute une génération qui cherchait un rock chanté en français sans honte ni ringardise, ce disque fut une libération. Il a dessiné la route pour tout ce qui suivra, de Bashung à Air.
Daho a prouvé qu’on pouvait être français et moderne à la fois.

