Rachid Taha quitte Carte de Séjour, le groupe qui l’a révélé, et signe un premier disque solo. Il lacère le raï et le chaâbi avec un rock de banlieue, sec, rugueux, nourri de Clash autant que d’Oran.
Les guitares mordent. Les rythmes cognent comme un poing sur un comptoir. La voix, rauque, poussiéreuse, ne supplie pas : elle somme.
Dans les années 90, les enfants d’immigrés n’ont pas de place sur les ondes, ni d’un côté de la Méditerranée ni de l’autre. Taha en fait un son. Il ne s’excuse pas, ne traduit pas, ne lisse rien.
Ce disque ne demande pas l’hospitalité. Il l’arrache.
Un premier album qui sonne comme un dernier avertissement.

